Chaque instant est bonheur
à qui est capable de le voir comme tel
Henry Miller

pensées, citations and co

Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 07:00

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Je vous ai déjà parlé ici de mon ami Christian, que j'ai retrouvé cet été après de longues années de silence. 

Suite à la parution de mon article "anniversaire à Saint Malo", Christian nous a envoyé un bien joli cadeau anniversaire...avec pour voeu : "Que le bonheur reste avec vous le plus longtemps possible".

Ce cadeau, c'est ce texte de Felix Leclerc que je trouve vraiment fort, émouvant, plein d'enseignements et de sagesse. J'y retrouve à la fois l'image de la maman que je voudrais être, mais aussi cette injonction de saisir le bonheur, de savoir le voir, le savourer, le cueillir dans les moindres instants de notre vie quotidienne. 

Notons entre autres phrases fortes, ma leçon d'hier, faite par mon ado "Initiés par elle au bonheur, juger nous était défendu, et, nous arrivait-il d'être pris dans la laideur, elle nous levait le menton et disait : - Regarde en haut pendant que tes pieds se débrouilleront."

Ce texte, je vais me l'afficher, le lire, le relire, car pour moi c'est un véritable guide de vie. C'est un plaisir pour moi de vous le partager, mais c'est Christian qu'il faut remercier.

 

Lorsque la famille était réunie à table et que la soupière fumait ses parfums jusqu'à nous étourdir, maman disait parfois :

-                     Cessez un instant de boire et de parler.
Nous obéissions.

-                     Regardez-vous, disait-elle doucement.
Nous nous regardions sans comprendre, amusés.

-  C'est pour vous faire penser au bonheur, ajoutait-elle.

Nous n'avions plus envie de rire.

Comme la couleur de la lune, le trille d'un oiseau, le velours d'une pêche, le goût de la cannelle et l'odeur d'une pomme, créent des émerveillements insaisissables que jamais les mots n'ont pu emprisonner, ainsi celle qui la première vous apprit le nom du Créateur, qui vous chanta « la poulette grise» d'une voix plus fraîche que l'eau, qui, les soirs de juillet, devant vos yeux promena son doigt entre les constellations, qui orienta votre pied sur le parquet, votre main sur le cahier à deux lignes et votre vie vers les soleils, celle-là est un être devant lequel les petits mots à deux syllabes s'aplatissent, rampent et fuient.

Notre mère (comme bien des mamans de pays neufs, à qui naturellement incombe la tâche de tenir allumée la lampe intérieure) fut notre pilote sûr et joyeux devant les innombrables remous. Elle aurait tenu la barre d'une galère de pirates, pourvu que la destination fût "par en haut". Personnages verbeux, idées trop subtiles, marchands de systèmes, lanceurs de poudre aux yeux, hâbleries trouvaient chez nous porte close. Comme les colporteurs adroits qui par quelques images, un tour de phrase, l'étalage d'une belle étoffe, un signe de tête et d'autres méthodes naïves et directes nous font aimer leur marchandise, maman voulait nous vendre une chose, une façon de penser, la façon de penser, en d'autres termes : l'art de vivre. Nous étions bien loin de nous douter que c'était un art. Mais elle avait sillonné la vie, enjambé des épaves, déjoué récifs et corps morts ; elle pouvait dire : « J'étais là, je sais ». Aussi l'écoutions-nous.

Sa philosophie, comme celle des oiseaux, se résumait au pain quotidien et à la paix intérieure ; et elle y tenait, y revenait souvent comme la vague sur la roche, sachant l'inconstance des hommes et la facilité qu'ont les idées de disparaître. Avec simplicité — cette grandeur ! — elle était venue toute jeune épouse dans le pays des montagnes. Aucune tempête ne la fit sombrer parce qu'elle tenait sa tête dans la zone que n'atteignent pas les tempêtes. Comme un paratonnerre, elle s'exposait aux foudres des jours, prenait sur elle les malheurs. À l'abri elle nous forgeait des armes. En riant, elle avait bousculé les obstacles, reculé les ronces et fait son nid. Les hommes des bois la respectaient comme on respecte une croix au carrefour des routes.

- Je me moque de vos muscles, le danger est ici, disait-elle aux hommes en se touchant le front.

Elle les forçait à faire le ménage sous leur crâne, sachant bien que si le pivot est pourri, toute la machine va crouler. Initiés par elle au bonheur, juger nous était défendu, et, nous arrivait-il d'être pris dans la laideur, elle nous levait le menton et disait :

  Regarde en haut pendant que tes pieds se débrouilleront.

Et lorsque nous baissions la tête, nous étions sur le dur.

Une maison chaude, du pain sur la nappe et des coudes qui se touchent, voilà le bonheur, répétait-elle à table.

Puis le repas reprenait tranquillement. Nous pensions au bonheur qui sortait des plats fumants, qui nous attendait dehors au soleil. Et nous étions heureux. Papa tournait la tête comme nous pour voir le bonheur jusque dans le fond du corridor. En riant, parce qu'il se sentait visé, il demandait à ma mère :

         Pourquoi nous y fais-tu penser, à ce bonheur ?
Elle répondait :

             Pour qu'il reste avec nous le plus longtemps possible                

                                                                                             

Félix Leclerc – Pieds nus dans l'aube

Par maryvonne - Publié dans : pensées, citations and co - Communauté : aux bonheurs multiples
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Mardi 30 août 2011 2 30 /08 /Août /2011 08:50

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Vacances

Visualiser les moments les plus réussis des dernières vacances et se charger de l'énergie positive de ces images de bonheur et de détente.

Ah ça, volontiers. J'en ai tellement des images positives ! Des beaux paysages, des sensations nouvelles, mais aussi des petits instants de joie, des bons moments partagés, des amitiés, des sensations délicieuses (hmmm la douceur de la légère brise pendant la randonnée, hmmm se coucher dans l'herbe ou sur un rocher avec vue sur le glacier, alros qu'on est bien fatigué ! hmm le doux moment où l'on retire ses chaussures de marche !...). Oui gravons ces instants pour s'en rappeler dans les moments de fatigue ou de blues !

Par maryvonne - Publié dans : pensées, citations and co - Communauté : aux bonheurs multiples
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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 21:15

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Heureux ?

Le bonheur est fragile, volage, fugace, niché dans de si petites choses...Il faut ouvrir les yeux et être attentif, pour ne pas prendre conscience après coup que l'on était heureux.

 

Celle là, elle me plait bien. Elle correspond vraiment à ma façon de voir la vie. C'est dans cette prise de conscience que j'ai puisé la force d'aller de l'avant, de rester positive, de tenir le coup dans ces mois mouvementés et pas toujours faciles. Ne laissons pas s'échapper les petits instants de bonheurs magiques de notre quotidien, les petits ruisseaux font de grandes rivières...  

Par maryvonne - Publié dans : pensées, citations and co - Communauté : je fee,tu fee; il fee,,,
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Mercredi 3 août 2011 3 03 /08 /Août /2011 10:03

Récemment j'ai lu cet excellent livre :

 

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Un livre parfait pour dédramatiser, pour relativiser nos difficultés, pour apprendre peu à peu à lâcher-prise, à revenir à l'essentiel.

Voici un (long) extrait, qui m'a particulièrement plu et qui donne VRAIMENT à réfléchir. Allez surtout jusqu'au bout, vous ne le regretterez pas :

"Une petite fable

La veille de la fête des mères, Maman 1997 s'endort après avoir abusé, au dîner, de la mousse au chocolat et des restes de tartines beurrées des enfants. C'est par des nuits comme celle ci que les fantômes en profitent pour venir hanter les dormeurs. Et ça ne manque pas. La première apparition surgit au pied du lit, ses mains ridées pleines de pâte à pain. C'est une figure rondelette avec des cheveux grisonnants et un sourire figé. Elle porte une raie au milieu, un tablier blanc sur sa large poitrine et elle sent bon le gâteau et le linge repassé.

"Je suis le spectre de la maternité d'autrefois, annonce-t-elle d'un ton enjoué. C'est moi qui figure sur les cartes de fête des mères."

"Et qu'est ce que vous avez fait ?" demande le dormeur.

Le spectre prend la mouche. "Qu'est ce que j'ai fait ? Mais, la cuisine ! Je faisais mes confitures et mes conserves moi-même. Je me levais à l'aube pour préparer de vrais petits déjeuners. Je chantais en frottant l'escalier. Je cousais des habits pour mes petits biquets, je leur apprenais l'alphabet et leur lisais la bible tous les soirs. Pendant douze ans, je suis allée les attendre à la sortie de l'école et quand mes trésors sont partis...(elle renifle) je leur ai donné de l'argent pour qu'ils m'envoient leur linge sale. J'étais le coeur de la famille." Elle s'arrête et renifle à nouveau.

Le rêveur attend et demande timidement : "Heu, et que s'est il passé ?"

Le spectre renifle à nouveau, plus fort. "Quand les enfants ont été grands, mon mari m'a quittée pour une jeunette, répond-elle d'un ton morose. Il disait que je n'avais aucune conversation. J'avais à peine quarante-cinq ans, mais je n'ai pas réussi à trouver de travail. Soi-disant que je n'étais pas qualifiée. Bah !"

Elle disparait brusquement, laissant derrière elle une légère odeur de lin amidonné. Un deuxième spectre surgit, visiblement très agité. Il porte un tailleur élégant et des collants filés sur lesquels il tire d'un air affligé. A la main, il tient un attaché-case, un abonnement à l'opéra, trois sacs en plastique d'où émergent des rouleaux de papier toilette, des rails de train électrique, un chou, un paquet de spaghettis et un livre de poche sur le stress. Il regarde sa montre et parle à toute vitesse.

"Je suis le spectre de la maternité d'aujourd'hui, c'est clair ? J'ai eu deux enfants, mais j'ai retravaillé douze semaines après. J'ai trouvé une crèche vraiment merveilleuse. Le seul problème, c'est qu'il fallait aller chercher les enfants à dix-sept heures trente tapantes. Et à la maternelle, c'était encore plus tôt. Damien a dû avoir sa clef. Moi, je devais courir quand les réunions de service débordaient. Je crois qu'il faut passer du temps avec ses enfants, pas vous ? On lisait l'armoire magigue et on fabriquait des cadrans solaires en carton. Le soir, on apprenait l'italien, et le jeudi, bien sûr, c'était le cours de violon, méthode Suzuki. Le problème, c'est que je travaillais tard et que, souvent, on ratait le début du cours. Le professeur me faisait la morale, en japonais, surtout quand je ne l'avais pas fait assez travailler. Le samedi, je faisais la cuisine de la semaine (en la mettant au congélateur) parce que je suis pour la cuisine, pas vous ? Mais j'avais souvent du travail à finir et parfois, il fallait que je lave le linge à la main parce que la machine était en panne et que les plombiers ne se déplaçaient pas en weekend...Mais je ne désespère pas. Je me suis acheté un nouvel agenda électronique, idéal pour la gestion du temps. Tout est une question d'efficacité..."

Le rêveur l'interrompt : "et ça s'est fini comment ?"

"Je travaille toujours, répond le fantôme avec un tic nerveux. Mon fils Damien est devenu Bouddhiste, il dit qu'il aime le silence, et Jocaste, ma fille, vit dans un squatt et écrit de la poésie. Elle dit que ma vie est nulle, que je suis trop matérialiste. Et pourtant, on ne peut pas dire que je les aie négligés. Enfin, je toucherai quand même la totalité de ma retraite."

Emergeant à peine de son cauchemar, Maman 1997 se dit que rien ne pourrait être pire. Mais dans une blancheur surnaturelle, une forme horrible se dirige pesamment vers elle. Impossible de la décrire -Maman aurait du ma l à dire s'il s'agit d'une femme ou d'un robot tellement il y a de cables, de bras, de portes, de boutons, de leviers, de haut-parleurs et de distributeurs de croquettes de poulet individuelles. Mais du centre provient une voix humaine.

"Je suis le spectre de la maternité future, dit-elle avec détermination. J'ai rejeté les erreurs du passé. J'ai refusé d'être un gentil esclave domestique ou une épave obnubilitée par le travail et rongée par le remords. En 1991, la Communauté Européenne m'a demandé de retourner travailler parce qu'on avait besoin de mes compétences. Les journalistes du magazine m'ont dit de déléguer sans scrupule. Alors j'ai délégué.

"Mais qu'est-ce que vous avez délégué ?" demande le rêveur, fasciné.

"Tout ! répond fièrement le spectre. J'ai même réussi à rédiger l'intégralité d'un rapport annuel en salle de travail. J'avais demandé une péridurale pour ne pas perdre mon temps à pousser. Maintenant, je bipe la nounou, la femme de ménage et la baby-sitter. Je cuisine uniquement au micro-ondes et il y a un superbe magazin de jouets par correspondance qui sélectionne les cadeaux selon les profils psychologiques des enfants et qui les emballe à temps pour les anniversaires. L'année dernière, ils ont eu tous les deux des walkmans et des cassettes avec des histoires, ce qui résout le problème du coucher. De temps en temps, je leur permet d'appel Allo-maman-Bobo pour parler de leurs problèmes avec un formidable thérapeute."

"Et ça leur plaît que vous déléguiez autant ?" demande le rêveur.

"Bien sûr, répond la voix qui résonne dans la carcasse vide. Dès qu'ils ont un problème de comportement, l'école m'envoie un fax pour me dire que l'ordinateur a prévu une séance chez le psychologue scolaire et une nounou qui leur programmera leur plat préféré et leur fera livrer une vidéo sympa." Tout à coup, la voix se déforme. "Raccrochez, il y a un problème. La nounou est tombée en panne. Attention, alerte. Le biper n'enregistre plus les codes. Défaillance du système, défaillance du système. Attention, alerte." Quelque part, un enfant pousse un cri.

Mama 1997 est plutôt contente de se réveiller et d'apercevoir l'habituelle pile de repassage, deux cartes de fête des mères gondolées, des toasts froitds, du thé trop infusé sur un plateau amoureusement préparé où trône une jonquille. C'est avec non moins de plaisir qu'elle sent deux petits corps chauds se glisser dans son lit. Elle décide d'abandonner ses rêves de perfection, de renoncer à ses projets irréalistes, à l'optimisation de son espace-temps, et de prendre la vie plus ou moins comme elle vient.

Ce que finalement, nous faisons toutes."

Par maryvonne - Publié dans : pensées, citations and co - Communauté : MAMAN D'ADO(S)
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Mardi 19 juillet 2011 2 19 /07 /Juil /2011 17:54

Tagore-flute-de-roseau.jpg

Par maryvonne - Publié dans : pensées, citations and co - Communauté : ARCHITECTES D'INTERCOEURS
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