Chaque instant est bonheur
à qui est capable de le voir comme tel
Henry Miller

Dimanche 29 mars 2009 7 29 /03 /Mars /2009 12:09
Je viens de lire un article qui m'a interpellé...donc je viens le partager avec vous, comme tout ce qui m'interpelle. Il s'agit d'un encart, dans le dossier "simplifier sa vie" de Psychologie magazine de septembre 2008 (comme vous voyez, je suis très à jour dans mes lectures !!!)
Luce Janin-Devillars, psychologue clinicienne, décrit un processus que je connais fort bien :


"Ceux qui ne parviennent pas à s'arrêter, à déléguer ou simplement à se poser pour respirer ont besoin d'être actifs pour se sentir vivants. Ils ont souvent, enfants, été sommés de faire : travailler à l'école, mais aussi jouer du piano, pratiquer le judo, etc...Ni place ni temps pour le rêve, l'ennui, les bêtises. En grandissant, ces personnes intériorisent les attentes et les projections de leurs parents anxieux.
Ainsi se construisent une "image idéale du moi", une représentation parfaite de soi-même, et une exigence de performance que viennent renforcer les normes sociales actuelles-l'absence d'activité est suspecte d'un point de vue culturel, les chômeurs le savent bien...Ces personnalités se construisent ainsi autour de la peur du vide. Il s'agit d'un déficit identitaire, d'un vide intérieur qu'il faut à tout prix combler à l'extérieur par l'action. Quand ils font, ils sont. S'ils arrêtent de faire, l'anxiété monte, le sentiment de perdre tout épaisseur s'installe, comme une petite mort d'eux-mêmes. Alors la course effrenée continue. Mieux, elle fournit son bénéfice : Une fatigue psychique et physique qui va légitimement éviter une remise en question du processus : "je suis overbooké", "je suis à plat", et dès lors, j'évite de penser et d'éprouver l'angoisse. Les plaintes à l'entourage sont un moyen d'exprimer un épuisement, bien sûr.
Mais elles viennent surtout demander cette reconnaissance dont nous avons parlé. C'est un appel à plus de valorisation, à plus d'amour : "Regarde tout ce que je fais, j'existe, aime-moi :". Un tel mécanisme inconscient engendre un dysfonctionnement psychologique qu'il est toutefois possible de réparer. Il convient d'apprendre que les creux, les baisses, l'imperfection en somme, est ce dont nous sommes faits. Aussi."


Cela me bouleverse de constater comme cet article décrit mon fonctionnement depuis si longtemps. Ce besoin tellement fort de reconnaissance, de valorisation, que j'ai toujours essayé d'obtenir par une hyperactivité. C'est petit à petit, depuis quelques mois, que je découvre qu'on m'aime pour ce que je suis...et pas ce que je fais. Que mes faiblesses font partie de moi, que l'on attend pas de moi la perfection.
Mais il y a encore du chemin à faire pour LACHER PRISE;
Par maryvonne
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